Tapis rouge à la démocratisation du SLAM avec Mael Pelletier

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Comme collaboratrice, à quelques heures de mes entrevues, des papillons de nervosité font leur apparition : « Suis-je bien préparée ? Ai-je les bonnes questions ? Ai-je le tour de mettre les artistes à leur aise ? Serai-je capable de susciter l’intérêt de notre public ? Est-ce que l’artiste sera fier de mon travail de rédaction ? » 3, 2, 1, la caméra s’allume. Devant mes yeux, à son rythme, un humain me donne accès à l’artiste. Tandis qu’à d’autres moments, l’artiste est indissociable de l’humain tant il est authentique. Pour la rédactrice que je suis, ce moment s’inscrit dans la case COUP DE CŒUR !

 

 

Plus d’une dizaine années séparent le saut de Mael Pelletier sur les planches du SLAM. Encore aujourd’hui, il se souvient nettement de sa première visite à la Baie des Slameurs, de sa première participation et du privilège inestimable d’y être accueilli et d’y être écouté. Alors âgé d’à peine douze ans, il n’en fallait pas plus pour que la magie opère au cœur de ce jeune adolescent qui était alors en quête de son identité. À cette époque, ces séances artistiques lui permettaient de tisser des liens significatifs avec des adultes dont l’un deviendrait son mentor, le slameur Bilbo Cyr. Le SLAM représentait le moyen parfait pour extérioriser ses émotions liées à ses questionnements et il était loin de se douter qu’en pratiquant cette discipline, il allait à sa rencontre et vers celles des autres. Rapidement, il prend conscience que ses tirades de mots et de poésie l’apaisent. Il continue sa pratique, participe à différents concours et représente même l’Université de Rimouski lors du concours d’éloquence « Délie ta langue ».

 

Maintenant diplômé en psychosociologie, ce slameur de la Baie-des-Chaleurs œuvre à faire découvrir les rudiments de la poésie par le SLAM et à démocratiser ce dernier, et ce, en s’impliquant dans l’organisation d’événements ou en y participant en tant qu’artiste ou animateur. Dernièrement, à titre de directeur artistique, il a inauguré la deuxième édition du SLAMAVOIX au Château Bahia à Pointe-à-la-Garde en Gaspésie, pour lequel il est porte-parole. Après avoir partagé ses paroles rythmées qui ont été véhiculées tant au Québec, qu’au Nouveau-Brunswick, en passant par Toronto et même fait la traversée de l’Atlantique pour être entendues à Paris, il offre l’opportunité aux slameur.se.s d’ici et d’ailleurs de révéler leur poésie. D’autre part, en octobre dernier, la Maison Lamontagne de Rimouski recevait le prix Coup de chapeau pour l’atelier culturel sur le SLAM pour lequel Mael était l’animateur. En toute humilité, il affirmait qu’il n’avait rien à apprendre aux autres participants et que tout le monde pouvait pratiquer le SLAM et y mettre sa couleur. En août dernier, il contribuait à La Grande Nuit de la Poésie de Saint-Venant-de-Paquette comme participant et animateur. En février, il était présent à la 29e édition du Salon du livre du Toronto pour offrir des représentations. Il a contribué de façon significative à la quatrième et cinquième édition du Festival International de SLAM/Poésie Acadie à titre d’animateur, formateur, entraîneur, organisateur et participant.

Qui ose l’expérience de s’exécuter dans ce milieu que plusieurs considèrent comme étant underground accepte de se déposer pour se faire accueillir par ses pairs. Ici, nous sommes devant la plus simple expression de ce qu’est la considération : je te vois et tu existes. Le monde des slameur.se.s est petit, mais ô combien ouvert sur la découverte d’autrui, de ses convictions, de ses préoccupations et de ses émotions. Le SLAM requiert que la voix, pas de mise en scène ou d’artifice; ou on pourrait aisément dire qu’il est à tout point de vue facile d’accès. À titre d’exemple, ces deux dernières années de pandémie, divers groupes de slam ont organisé des soirées de prestations en ligne. Contrairement à certaines disciplines dans lesquelles les artistes étaient en pause forcée, les slameur.se.s ont pu bénéficier des plateformes pour peaufiner leur art et ainsi être épargnés et éviter un certain isolement.

https://maelsir.bandcamp.com/track/co-t-des-cris

Pour terminer, selon Larousse, le SLAM est défini comme une poésie orale, urbaine, déclamée dans un lieu public, sur un rythme scandé[1]. En écoutant Mael Pelletier discuté du SLAM, je réalise que cet art a beaucoup plus de profondeur que sa définition. La liberté d’expression est le noyau de la pratique. Les mots utilisés lors des prestations sont empreints de poésie et généralement de musicalité. Les messages que véhiculent les slameur.se.s peuvent résonner dans le cœur du public ou encore le faire réfléchir. Tantôt porteuses d’espoir, tantôt engagées, les prestations ne laissent aucune place à l’indifférence. En attendant la troisième édition du Slamavoix, grâce à Mael Pelletier, j’ai maintenant la tête au SLAM !

[1]« SLAM », [En ligne], Larousse. [https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/slam/10910198].

Crédit Photo Couverture : Esther Arsenault (Facebook) | Soirée Baie des Slameurs

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Commentaires (1)

Merci infiniment pour notre échange, Josée-Anne! Tu as la plume des plus grands d’entre nous pour le rendre, en plus. Au plaisir de se recroiser bientôt 😀

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