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Story’art – Marcel Duchamp, les arts, c’est son dada !

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Ami.e.s de l’histoire des arts, bonso’art ! Aujourd’hui, prenez la clé duchamp, si j’ose dire, pour découvrir un dénommé Marcel, remarquable artiste du début du XXe siècle. Ce dernier a d’ailleurs eu la gentillesse de nous recevoir dans son atelier. Découvrez sans plus tarder son interview fictive dans les colonnes de Story’art.

 

 

Story’art (S) : Monsieur Duchamp, bonjour. Tout d’abord un grand merci d’avoir accepté notre invitation.

Marcel Duchamp (MD) : Tout le plaisir est pour moi.

 

S : L’on dit que votre style est influencé par plusieurs mouvements artistiques.

MD : Effectivement. Je me suis tout d’abord inspiré de l’impressionnisme. Prenons pour exemple le tableau Homme assis près d’une fenêtre. L’une des tendances majeures de ce mouvement artistique consiste à utiliser des couleurs vives, comme l’on peut le voir sur cette peinture ci-dessous. L’on peut même y retrouver une référence au paysagisme d’un certain Claude Monet, l’une des figures phares de ce mouvement, notamment avec la fenêtre ouverte qui donne sur un jardin. En effet, le « plein air » est un élément-clé de ce courant artistique. Je me suis aussi inspiré du dadaïsme – ou mouvement « dada ».

 

Marcel Duchamp, Homme assis près d’une fenêtre (1907) Collection Mary Sisler, Courtesy de Fourcade, Droll, inc.New York

 

S : Le dadaïsme ? Qu’est-ce donc ?

MD : Il s’agit d’une autre tendance artistique, dont l’objectif était de briser les conventions établies dans l’art avec dérision et irrévérence. Ses origines remontent à une soirée en février 1916 au Cabaret Voltaire à Zurich, en Suisse. J’aurais adoré y assister ! À cette époque, les temps n’étaient pas à la fête, puisque l’on subissait de plein fouet les horreurs de la Première Guerre mondiale. Face à cela, quoi de mieux qu’un art frivole, ludique et léger ?

 

S : Je suis bien d’accord avec cette façon de penser. D’où vient le nom « dada » ?

MD : C’est tout simple. Les artistes réunis dans ce cabaret avaient décidé de jouer à un jeu de hasard. Ces derniers se sont munis d’un dictionnaire ainsi que d’un coupe-papier qu’ils ont glissé à l’intérieur. Le premier mot sur lequel ils tombaient allait définir le nom de ce courant artistique. La légende raconte aussi qu’un certain Vladimir Illitch Oulianov, alias Lénine, également présent, s’était écrié, entre deux vins : « Da ! Da ! », signifiant « Oui ! Oui ! » en russe.

 

S : Quelle histoire !

MD : Absolument. Cependant, il faut aussi savoir que les créateurs de ce mouvement visaient la dimension internationale. Ce mot était donc parfait, puisqu’il se lit dans presque toutes les langues de la même façon. La spontanéité était l’un des maîtres mots que les fondateurs prônaient. C’est pourquoi l’on pouvait apercevoir des performances éphémères par exemple.

 

S : En quoi votre style a été influencé par ce mouvement artistique ?

MD : Vous ai-je déjà parlé de L.H.O.O.Q ? Ce titre, qui apparaît au-dessous de ce tableau, signifie littéralement « Elle a chaud au cul ». Qui ? Je veux bien sûr parler de La Joconde, de ce cher Léonard de Vinci ! Saviez-vous que cette dernière est en réalité un homme ? Vous le remarquerez avec le petit bouc et la moustache qui rehaussent son charmant petit minois ! Il s’agit d’une parodie de ce tableau. Mais qui est l’auteur de cet odieux forfait me demanderez-vous ? Eh bien, Votre Honneur, je plaide coupable (Rires).

Marcel Duchamp, L.H.O.O.Q (1930) © Association Marcel Duchamp / Adagp, Paris Crédit photographique : © Georges Meguerditchian – Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist.RMN-GP

 

S : On reconnaît effectivement le côté humoristique de ce mouvement.

MD : Mais également son aspect plus provocateur. Il faut savoir que cette création a été considérée comme une « profanation » de l’œuvre originale, car il s’agit tout de même d’un détournement de cette dernière.

 

S : En effet. Cependant, lorsque l’on évoque votre nom, on l’associe en outre au ready-made

MD : C’est exact. Cela me rappelle le temps où je travaillais en tant que plasticien à New York… En anglais, ce terme signifie « préfabriqué ». En d’autres termes, le concept consistait à présenter des objets de manufactures comme des œuvres d’art. Je me rappelle avoir fait la rencontre d’un homme prénommé « R. Mutt », l’auteur d’une œuvre intitulée Fontaine.

 

Marcel Duchamp, Fontaine (1917) © Centre Pompidou

 

S : Mais c’est un urinoir !

MD : Précisément. Je dois vous avouer que cet artiste n’a jamais existé, puisqu’il s’agit d’un pseudonyme crée de toutes pièces par mes soins. J’avais présenté une œuvre sous ce faux nom lors d’une exposition de la Société des artistes indépendants de New York. Le scandale fut retentissant ! On a choisi de ne pas présenter ce travail, sous prétexte que cela « froissait les bonnes mœurs » ! Cette sculpture a également été considérée comme une blague de mauvais goût. Il faut croire que les génies sont toujours incompris… Furieux, j’ai immédiatement quitté cette organisation dont j’étais membre.

S : En tout cas, sachez que votre technique du ready-made a énormément influencé la postérité. C’est notamment le cas de Jeff Koons, qui a exposé des aspirateurs.

Jeff Koons, Vacuum cleaners (1981) © Guggenheim Bilbao

 

MD : Quel bel hommage !

S : Dans tous les cas, je vous remercie pour cette interview, particulièrement enrichissante.

Comme vous avez pu le constater, Marcel Duchamp fut donc une figure majeure du mouvement dada et est également considéré comme l’un des fondateurs de l’art conceptuel.

A présent, cher.e.s lecteur.rice.s, la suite au prochain épisode !

 

 

Bibliographie :

  • https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/c5pXdk6
  • http://impressionnistes.canalblog.com/archives/2011/01/05/20050180.html
  • https://www.centrepompidou.fr/en/ressources/oeuvre/VgrNkuT
  • https://www.guide-artistique.com/artistes/marcel-duchamp/fontaine.html
  • https://www.guide-artistique.com/histoire-art/dadaisme/
  • cours d’histoire des arts

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