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Nappes à carreaux, bouteilles de vin, bonhommes moustachus et vélos de course, l’univers frenchy et rafraichissant de Cyril Doisneau illustre aujourd’hui les pages du livre de recettes Les carnets de rhubarbe[1] aux éditions la Pastèque. Derrière ce style minimaliste, mais non moins efficace, se cache un illustrateur qui nous en apprend un peu plus sur son parcours et les secrets du métier.

Comment devient-on illustrateur ? Quel est ton parcours ?

Au départ, c’est une passion, et puis ça devient notre métier car l’on veut faire que ça dans la vie. Alors on s’organise et l’on fréquente les écoles les plus adaptées pour que tout se mette en place. Au lycée, j’ai fait une spécialisation dans une école qui proposait une formation dessinateur maquettiste. On travaillait beaucoup sur le rapport texte / image. Ensuite, je suis allé aux beaux-arts d’Angoulême où je me suis spécialisé en bande dessinée.

Pourquoi t’es-tu installé à Montréal ?

J’ai découvert Montréal il y a 15 ans, lors d’un échange avec mon école. J’ai tout de suite adoré. J’ai terminé mes études et puis je suis venu m’y installer, il y a bientôt dix ans.

Quels sont tes sujets de prédilection ? Qu’est-ce qui t’inspire le plus ?

La vie, tout ce qui bouge, ce qui vit. Un dessinateur observe beaucoup ; tout ce qui l’entoure peut-être un sujet de prédilection. Il faut regarder.

Comment définis-tu ton style ?

Le style change beaucoup en fonction de l’histoire que je raconte en bande dessinée. J’adapte l’outil en fonction de ce que je veux dire.

Quelles techniques utilises-tu pour tes illustrations ?

Pour ce qui est de mes travaux en illustrations, en ce moment je travaille beaucoup à la plume et à l’encre. Une ligne franche et claire, spontanée.

Le dessin est souvent lié à notre enfance, quels souvenirs gardes-tu de tes premières œuvres ?

J’ai toujours dessiné, depuis tout petit et c’était déjà une activité quotidienne. Je me souviens de mes dessins, je me souviens que je dessinais les différentes chambres que j’ai eues. J’ai des cahiers d’école où je dessinais dans les marges les professeurs.

L’actualité nous a récemment prouvé qu’une caricature pouvait blesser, y a-t’il des thèmes que tu t’interdis d’aborder ?

Pour l’instant, je ne m’interdis rien. Je ne me suis jamais dit « non, ne dessine pas ça».

Qui sont tes idoles ? Avec qui aimerais-tu travailler ?

Il y a beaucoup de dessinateurs que j’admire, de peintres… Munch, Grosz, Beckmann, Steinberg, Sempé, Gus Bofa… J’aimerais faire le story-board du prochain film de Sfar.

Comment obtiens-tu les projets sur lesquels tu travailles ?

Je propose mes projets de bandes dessinées à mon éditeur et l’on me propose les projets d’illustration. C’est la surprise, ça peut être un jeu de cartes à illustrer ou une affiche pour un salon de livres jeunesse mais c’est toujours intéressant et un bon exercice.

Tu as récemment participé à l’élaboration d’un livre de recettes Les carnets de rhubarbe, comment s’est passé cette collaboration ? Avais-tu carte blanche ?

Tout a commencé avec L’appareil, un livre de recettes que La Pastèque[2][3] a publié, il y a dix ans. Je préparais un livre de chroniques de restaurants en bandes dessinées et puis j’avais fait plusieurs pages sur la pâtisserie Rhubarbe. J’ai passé une journée à la pâtisserie, avec Stéphanie Labelle (la propriétaire) et j’avais carte blanche pour réaliser ma chronique. Une partie de cette histoire se retrouve dans les carnets de Rhubarbe ; la chronique au complet sera dans le livre de chroniques qui sortira chez La Pastèque.

Les techniques traditionnelles ont-elles un avenir ? Peut-ton encore se passer des logiciels ?

Oui, on dessinera toujours avec de l’encre et du papier, du moins, j’espère parce qu’avec les logiciels, tablettes… on perd le toucher et je trouve ça moins excitant.

Existe-t-il un syndicat des illustrateurs et comment protèges-tu tes droits d’auteur ?

Pour chaque projet, il doit y avoir un contrat. Et sur cette entente, il y a tous les différents points sur les droits d’auteurs, droits de reproductions…

Si tu n’avais pas pu vivre de ta passion, qu’aurais-tu fait ?

J’aurais été vivre d’une autre passion, la bouffe, le vin, par exemple. Je serais devenu cuisinier et j’aurais ouvert une buvette : chez Doisneau !

Quels sont tes projets ?

Deux livres pour enfants / le livre de chroniques culinaires / le livre sur le tournage du film Paul à Québec (31 jours de tournages à paraître chez La Pastèque fin août 2015) / et une autre fiction que je dois écrire cet été. Je veux faire de l’animation aussi et puis de la peinture !

Où peut-on voir et acquérir tes travaux ?

Il n’y a pas beaucoup d’expositions de dessins et c’est dommage. Je fais, par moments, des salons ou des ventes d’atelier. Il faut surveiller mes pages sur internet. Et puis, il y a Paperole et Sur ton mur qui proposent des cartes postales et affiches de mes œuvres. Des gens sont déjà venus acheter des dessins à mon atelier, c’est aussi une solution.

Tumblr : Cyril Doisneau

Facebook : Cyril Doisneau Dessinateur

Les Éditions de la Pastèque : www.lapasteque.com

* Le petit prince – Antoine de Saint-Exupéry
[1] Éditions La Pastèque
[2] Les Éditions de la Pastèque • C.P. 55062 CSP Fairmount • Montréal • Québec • H2T 3E2

 

KK

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