Respect des traditions : démodé ou d’actualité ? – Co-écrit avec Pham Bao Thy Nguyen

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La perspective du multiculturalisme que l’on découvre en arrivant au Québec m’a donné l’idée d’écrire un article sur les traditions. Comment chaque individu immigre-t-il avec son bagage culturel ? Que laisse t-il derrière lui, dans son pays natal ? Qu’est-ce qu’il décide d’apporter et de continuer à respecter ?

La société a profondément changé car nous nous retrouvons souvent coincé.e.s entre le modernisme et un modèle archaïque et donc, tiraillés entre des traditions du temps ancien et le présent.

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Crédit : www.mireasa-perfecta.ro

Je suis originaire d’un pays est-européen, la Roumanie, une nation connue pour être assez traditionnelle. Pendant mon enfance, j’aimais bien les voyages pour visiter ma famille à la campagne, le plus souvent, à Pâques ou à Noël. La nourriture traditionnelle était présente, de même que la musique et le bon vin ! Il y avait aussi les mariages ou les baptêmes auxquels j’ai bien aimé participer jusqu’à un certain point. Toutefois, il arrive un moment dans la vie qui pousse à la réflexion : quand une certaine pression vis-à-vis du respect de certaines règles non écrites ou coutumes ne s’adaptant plus au moment présent se fait ressentir. J’ai bien de la famille, des amis ou des proches qui aiment les traditions telles que : porter un costume traditionnel lors des événements spéciaux dans la communauté, cuisiner certains plats ou se marier d’une façon quelconque. La religion qui garde une certaine influence au sein de la majorité des traditions est aussi un point important dans la culture et même celle de plusieurs pays. La famille et la communauté peuvent être bien ancrées dans ce système. De nos jours, nous avons dû nous adapter à l’ère moderne : vivre selon nos croyances, rencontrer les amis lors d’évènements ou de fêtes, manger traditionnellement, choisir ce que nous voulons respecter des coutumes ancestrales ou être amené.e.s à en créer d’autres.

— Marini —
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TieuBaoTruong / Pixabay

 

Je suis originaire du Vietnam, un pays situé en Asie du Sud-est. J’ai grandi au sein d’une culture très réservée et discrète dans laquelle on doit se conformer aux normes et vertus. Avant mon arrivée en France, je me sentais toujours contrainte et incapable d’exprimer mes points de vue et idées. J’étais obligée de m’orienter et de me diriger vers la voie que mes parents dessinaient pour moi. J’étais « un bon enfant » qui ne savait qu’obéir aux adultes. Je ne connaissais pas qui j’étais, ce que je devais faire voire comment vivre sans mes parents ?

En 2013, j’ai eu la chance d’aller en France pour participer à un camp d’été international pendant un mois. C’était un événement qui a changé complètement ma vie. J’ai rencontré beaucoup de nouveaux amis qui venaient des quatre coins du monde. C’était mon premier contact avec une culture étrangère. À partir de là, ma vision s’est ouverte et je suis devenue consciente du monde extérieur qui est rempli de liberté, d’opportunités, de démocratie et d’indépendance.

En 2017, je suis retournée en France pour poursuivre mes études supérieures. Je fais des études et des recherches dans le domaine de l’art, de la culture, de la sociologie ainsi que de la psychanalyse. Aujourd’hui, mon point de vue pessimiste portant sur la culture et la tradition de mon pays natal a totalement changé. Je trouve que l’histoire, la tradition et l’héritage culturelle ne sont pas des pièges qui me contraignent à vivre mon identité unique, mais plutôt des piliers qui fondent ma singularité.

Les traditions désignent les connaissances, les savoirs transmises de génération en génération. Elles sont les racines de la culture qui définit la singularité de chaque communauté. Pourtant, le respect des traditions semble être négligé et ignoré dans la vie moderne. Les jeunes générations n’ont plus intérêt à protéger et à maintenir les héritages reçus de leurs prédécesseurs. Les traditions, pour elles, sont considérées comme démodées, ne correspondant plus à l’actualité, à l’ère des innovations.

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Alexas_Fotos / Pixabay

 

Respecter les traditions, c’est-à-dire protéger notre fond. C’est la démarche cruciale qui nous permet d’accéder aux innovations. On ne peut pas se développer sans se solliciter notre base. Pour prendre l’exemple, il faut savoir dessiner avant de devenir artiste. Par ailleurs, conserver les traditions est probablement un moyen de nous emmener à la diversité. Chacun.e est donc invité.e à respecter et à protéger les traditions pour ne pas perdre leurs identités culturelles pendant l’intégration et la mondialisation.

Pham Bao Thy Nguyen

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