Quand les artisanes tissent l’histoire : Rencontre avec Ammeri Sahar.

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Dans le cadre de la semaine des artisans, R Magazine est allé à la rencontre de l’artisane brodeuse, Ammeri Sahar, qui a récemment fondé sa marque nommée BADIA. Derrière ce nom charmeur se cachent des vêtements faits par et pour les femmes, mêlées à toute une histoire de tradition familiale.

 

Bonjour Ammeri, ravie de te rencontrer. Pour commencer, pourrais-tu te présenter à la communauté de R Magazine ?

Bonjour, je m’appelle Ammeri Sahar, je suis designer produit, artisane brodeuse, entrepreneure, fondatrice de « BADIA » et étudiante en 2ème année de master de recherche en théorie de la création.

 

BADIA, parlons-en! Il s’agit de ta marque mais, peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

Absolument, BADIA est une jeune marque d’habillement traditionnel revisité qui s’adresse à toute femme moderne en quête de nouveaux styles créatifs et inspirés. La marque doit symboliquement son nom à une pièce maîtresse de l’habit traditionnel de la région de Mahdia, en Tunisie, qui signifie originalité et élégance. Le nom de la marque « Badia » est celui de la dernière pièce maîtresse qui se porte sur la tête pour couronner notre habit traditionnel.

 

Quels types de vêtements fais-tu exactement ? Quelle en est l’origine ? Et l’origine des produits utilisés ? Sont-ils faits entièrement par toi ? Et quelle est la différence avec les autres vêtements ?

Je crée des vêtements modernes et uniques du fait que la conception et la confection sont artisanales. Il s’agit de modèles profondément inspirés par le patrimoine artisanal mahdois, relativement à la région de Mahdia, ma ville natale. Le nom de la marque « Badia » est celui de la dernière pièce maîtresse qui se porte sur la tête pour couronner notre habit traditionnel. Les couleurs de la Badia se reflètent également par le choix des couleurs que j’utilise dans la création des modèles de la marque : du vert pour l’optimisme, l’espérance et la prospérité, à de l’orange pour l’énergie, le dynamisme et l’ambition, et le doré avec des ornements dorés pour l’élégance, l’unicité et la distinction.

En tant qu’artisane, je souhaite par les modèles traditionnels revisités de Badia, contribuer à sauvegarder, à ma manière, le patrimoine artisanal de Mahdia en l’adaptant à l’air du temps où les femmes sont actives et indépendantes et qui cherchent, de plus en plus, à se libérer et à s’habiller autrement en affirmant leurs traits identitaires et en revendiquant leur appartenance à une nation pluriculturelle. C’est cette histoire que je veux raconter à travers des motifs de broderie inspirés de la mosaïque, ou d’autres qui reproduisent des signes berbères (amazigh). C’est à travers ce patrimoine revisité que je souhaite contribuer à valoriser et à faire revivre afin qu’il perdure dans le temps et se transmette naturellement aux futures générations.

 

Comment est venue cette passion et qu’est-ce qui t’a mené vers ce métier ?

J’ai la chance d’être née dans une famille laborieuse et créative. Depuis mon enfance, ma tante « Zohra », brodeuse, m’avait appris à faire mes premiers pas dans la broderie. J’en garde un doux souvenir d’enfant, mais aussi une expérience car je l’ai vécu comme une initiation à ma future vocation.

 

Qu’est-ce que tu aimes dans ce métier et qu’est-ce qui te motive à le faire ?

Mon métier est mon identité. Je suis aussi une passionnée de mode et de tendances en habillement. Mon désir de vouloir toujours avoir un style unique, m’a poussée à créer, concevoir mes propres conceptions de vêtements et d’accessoires uniques qui sont à mon image. En voulant partager cette passion avec d’autres femmes, j’ai commencé à apprécier ces moments où lors desquels je peux aider une jeune femme à trouver son style grâce à des modèles personnalisés. Chaque petite fille a déjà été émerveillée devant les habits de fête de notre patrimoine, et pouvoir en avoir un petit rappel subtil dans ses habits modernes procure une fierté et une assurance d’être unique.

 

Comment décrisse-tu ton style de production vestimentaire ?

Stylé, moderne et unique.

Tu te considères-tu comme une artisane ?

Oui et j’en suis très fière. Chaque modèle est conçu en petites séries et en travaillant avec des matières et de la broderie artisanales manuelles. Je me considère au fait comme l’une des artisanes qui participent à la chaîne de confection de ses modèles de « Badia ».

 

L’artisanat, ça veut dire quoi pour toi ?

Pour moi, l’artisanat, c’est l’art de faire vivre un patrimoine dans le temps par l’innovation et la créativité. C’est aussi la création de valeur en repositionnant le fait-main comme gage de qualité et d’unicité. Les artisans sont les fervents gardiens du patrimoine. Ils assurent la transmission de toutes ses significations et symboliques de génération en génération. Même si parfois le métier en lui-même n’est pas vraiment gratifiant, l’histoire vaut la peine d’être racontée.

Cette créatrice réside en Tunisie, pour plus d’informations, vous pouvez la contacter via :

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