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Printemps des poète.sse.s 2022 quand est-ce qu’on renomme vraiment l’évènement ? « Portr’Œil » d’Anne Mulpas

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Il n’a pas été nécessaire d’insister beaucoup pour qu’Anne Mulpas accepte de faire partie de notre printemps. Et pourtant, la poétesse refuse qu’on l’assigne, qu’on lui demande de « répondre aux définitions et aux cases ». « Qu’est-ce qu’une femme ? Qu’est-ce qu’être écrivain.e, auteur.rice ? Qu’est-ce qu’écrire ? » Anne a pris « le mot poète il y a quelques années à bras le corps » et a « l’impression que d’œuvres en œuvres c’est aux autres de répondre à ces questions. »

Quand on rencontre Anne Mulpas, « sociologiquement » on se sent à l’aise. Formule obscure à première vue. Mais c’est limpide avec Anne : qu’importe d’où l’on vient, elle nous accueille chaleureusement dans son monde de poétesse, de romancière qui a pratiqué le théâtre et la peinture.

Anne a grandi dans une ville qu’elle trouve « froide, manquant de générosité ». Elle a mis « une grosse claque » à la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » : elle l’actualise, la questionne dans sa réalité.

Ils sont élèves de banlieue, de centre éducatif fermé, et ont la chance de travailler avec une autrice qui imbrique art, « quête existentielle » et « engagement politique ».

Anne nous propose de la découvrir à travers le don de ce poème Immunité qui encadre le texte et est issu d’un recueil en cours de travail : « Autoportr’Œil ».

Vers la création, « Cerveau un peu en vrac, cohérence intérieure » 

Ça a commencé par le « désir d’imiter, d’être comme ». Anne est tombée amoureuse de Baudelaire, Racine, Camus, puis s’est ouverte aux influences étrangères, au mouvement de la négritude. Elle le dit : « je suis sous influence permanente. » Il y a ce moment où elle en a fait sa force « de marcher dans le désert ou dans la forêt », où elle s’est dit « Ah tiens il y a un truc. »

Ça se poursuit toujours « dans cette idée de chercher ce qui maintient en vie, sensible au monde, aux autres. » Anne « trie, triture souvenirs, informations, rencontres » puis elle « laisse reposer ».

Ça se sent « que quelque chose vient, que quelque chose commence peut-être à se structurer », « ce n’est pas forcément carré », mais elle peut « délimiter un territoire, un champ dans lequel [elle] commence à construire. »

Le combat : qu’est ce que peut faire la poésie ?

Si on la questionne sur l’univers de la publication, sur la communication, Anne répond qu’elle se préoccupe surtout d’écrire, même si l’existence sociale n’est pas « honteuse à maintenir ».

Elle précise que les étapes entre la création et la diffusion ne sont, pour les auteur.rice.s, « ni contrôlées ni contrôlables de recueil en recueil, de livre en livre. »

« Ce sont deux temporalités extrêmement différentes, tu peux être totalement parti déjà et avoir laissé une sorte de peau morte derrière toi quand elle va sortir dans le dans le monde. »

Anne a commencé par les revues. Aujourd’hui, elle trouve difficilement le temps pour y participer. Anne aime l’idée du Printemps des poète.sse.s. Encore une fois, elle sait qu’il s’inscrit dans une société et son fonctionnement et déplore que ce ne soit pas « le temps des poètes », un temps « constant, toute l’année, du soir au matin, à partager avec tout le monde. »

Pour l’Éphémère, Anne Mulpas a des projets : Jean-Yves Reuzeau du Castor Austral l’a invité à proposer des inédits pour une anthologie poétique du Printemps des poète.sse.s. Anne participera également à des rencontres en librairie accompagnée d’autres poète.sse.s. Anne aime partager. Pour elle, « c’est aussi important que d’essayer de trouver le temps d’être seule. »

Si comme Anne vous trouvez que l’Éphémère est un mot « aussi large que beau », que c’est « une sorte de jeu », que ça « rejoint l’idée d’une quête existentielle. »

Et que finalement, « tout le combat humain, toutes nos actions, c’est d’essayer de faire des choses qui demeurent alors que nous ne demeurons pas », je vous invite à lire ses textes, à découvrir ses recueils, pour que sa poésie se partage et demeure.

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