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Une grande féministe qui dessine, crée des cahiers, milite, écrit des poèmes, cuisine, prends des photos, rédige des textes … autant de verbes pour définir cette talentueuse artiste québécoise qu’est Maude Bergeron.

À travers cet interview, nous vous invitons à rentrer un peu dans ses FoliesPassagères et sa CuisineEstudiantine !

 

Quand on va fouiner sur ton profil Facebook, la première chose que l’on remarque est que tu te définis comme une «Grande féministe qui dessine, milite, écrit des poèmes & cuisine». Comment arrives-tu à porter toutes ces casquettes ?

Le tout s’est fait sans même que je puisse prendre connaissance de la variété des choses qui font partie de mon quotidien, au début. J’ai tendance à toujours vouloir démarrer de nouvelles choses et à m’impliquer et j’adore réaliser tout par moi-même. C’est donc un peu naturel pour moi de rassembler mes passions et intérêts dans un travail personnalisé ! Ce n’est pas évident, au quotidien et j’avoue que je dois faire attention au surplus d’heures travaillées – que je ne vois pas passées -, mais c’est un réel plaisir pour moi de faire tout ça.

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Crédit : Cuisine estudiantine

Les folies passagères et Cuisine estudiantine. Quelle est la genèse de ces deux projets ? Et quels sont leurs objectifs à long terme ? Raconte-nous tout !

J’ai étudié en Arts et en Cuisine ; donc, pour moi ces deux sphères de ma vie sont très principales depuis plusieurs années. Cuisine estudiantine existe depuis 2012 et c’est le projet qui m’a permis de plonger tête première dans le monde inconnu des réseaux sociaux et des contrats en terme de pigiste. C’est d’ailleurs grâce à ces expériences accumulées tranquillement que j’ai compris, en 2016, que j’étais en mesure de commencer un projet artistique par moi-même via ces plates-formes médiatiques. Au début, Les folies passagères était un projet personnel dans l’unique but d’avoir un espace à moi pour partager mes dessins et mes textes. J’ai rapidement reçu des demandes et des offres professionnelles et c’est devenu ensuite la partie principale de mon travail. Je ne me doutais pas du tout à cette époque qu’en deux ans, je réaliserai toutes ces choses qui me passionnent tant. J’ai réussi à créer mon emploi idéal en combinant mes deux intérêts principaux mais aussi en y joignant le militantisme qui est primordial dans ma vie.

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Crédit : Les folies passagères

En mai dernier, tu as sorti Pamplemousse, ton tout premier roman graphique à travers lequel tu invites les lecteurs.trices à entrer dans une phase très personnelle de ta vie. Peux-tu nous dire pourquoi cette « mise à nu » ? Que relate Pamplemousse et pourquoi le choix d’un nom de fruit réputé acidulé, amer et sucré ?

J’ai commencé la création de Pamplemousse en 2016, en souhaitant secrètement le publier un jour et sans réellement croire à cette possibilité. Ce court récit dramatique est effectivement inspiré d’une partie difficile de ma vie qui ne fut pas simple à traverser. Le besoin de mettre le tout sur papier était à la base un peu thérapeutique. Par la suite, j’ai réalisé que ce type d’histoire et de sujets est rarement traité sous un angle personnel de détresse psychologique. J’avais envie d’exposer quelque chose qui m’a longtemps semblé inexposable pour que toutes les personnes ayant des vécus similaires puissent se sentir moins seul.e.s avec ce lourd bagage. Sans entrer dans les détails, ce livre aborde des thématiques reliées à la détresse psychologique, aux abandons répétés et à une relation amoureuse non-réciproque. L’ensemble du roman graphique est basé sur des analogies culinaires.

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Crédit : Les folies passagères

C’est quoi ton leitmotiv en tant que femme ? En tant qu’artiste ? Et en tant que militante ?

Les arts et le militantisme ont toujours été liés pour moi, depuis mon adolescence, comme méthode pour exprimer mes émotions mais aussi pour exposer sur papier des choses plus difficiles à comprendre et à verbaliser. Le tout s’est concrétisé et s’est accentué en vivant des épreuves plus difficiles et en réalisant que je n’avais pas du tout un parcours et une identité basés sur les normes sociales. Je m’identifie, d’ailleurs, comme étant une personne non binaire ; alors mon militantisme passe aussi par mon propre parcours personnel. Je souhaite, via mes textes et mes dessins, rejoindre les personnes qui vivent de la stigmatisation, qui se sentent seul.e.s, qui sont victimes d’oppressions systémiques et de préjugés. Tous ces vécus communs sont puissants et doivent être partagés et considérés. Je suis inspirée quotidiennement par ce besoin d’exposer la beauté réelle de tous.tes, mais aussi par cette rage face aux injustices. Je souhaite sensibiliser les personnes qui ne se sentent pas concernées aussi afin qu’on puisse collectivement cesser la propagation de la désinformation pour changer les choses.

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Crédit : Les folies passagères

De par ton expérience, comment apprécies-tu l’apport des réseaux sociaux dans les diverses luttes que tu mènes (diversité des corps, santé mentale, féminisme, orientations sexuelles, racisme, etc …) ?

Pour moi, c’est essentiel et extrêmement important. Je me suis impliquée beaucoup par le passé dans des actions communautaires sur place comme des manifestations, mais ayant des limitations liées à certains troubles de santé imprévisibles, c’est sur les réseaux sociaux que je peux effectuer mon militantisme. Ça permet de rejoindre rapidement un grand nombre de personnes indépendamment de leurs lieux de résidence, de leur âge et de leurs situations. C’est une belle manière de rassembler et de briser la solitude via des luttes féministes sociales.

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Crédit : Les folies passagères

Tu penses également aux enfants, notamment avec la sortie, il y a quelques semaines, d’un cahier d’activité à colorier éducatif. As-tu lancé d’autres matériels pour enfants ? Penses-tu que les plus petit.e.s ne sont pas assez éduqué.e.s sur les enjeux de notre société actuelle ? Que manque t-il pour que leur éducation soit presque parfaite ?

Pour l’instant, je n’ai réalisé que mon cahier à colorier éducatif. Cependant, je prévois concevoir d’autres outils éducatifs et artistiques. La meilleure manière d’éviter que les personnes vieillissent avec les préjugés présents dans la société, c’est en les encadrant dès leur plus jeune âge pour les informer. Les enfants manquent cruellement de notions essentielles à leur bon développement et à leur épanouissement.

 

– Les Folies Passagères :

– Cuisine estudiantine :

Blacky Gyan (Sénégal – Canada)

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