Liberté d’expression, oui mais …

La liberté d'expression est-elle un droit absolue ?
Réflexion sur la liberté d'expression et ses dérives.
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Aujourd’hui, quel que soit le sujet (et des sujets, il y en a), nous sommes tous des experts de tout, nous avons une opinion sur absolument n’importe quel enjeu de société et même si nous n’avons pas de solutions ou de compétences pour régler un problème, nous détenons la vérité absolue.

Les réseaux sociaux et leur anonymat ont permis une liberté inédite dans l’expression de nos idées. Nous en profitons amplement pour nous exprimer comme bon nous semble. Et, si par malheur une personne n’est pas d’accord avec nous, nous brandissons haut et fièrement le principe d’une liberté d’expression absolue et sans condition : je peux dire tout ce que je veux.

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Kristina V / Unsplash

Mais cette liberté d’expression qui n’est, d’ailleurs, pas un droit ou une chance dans bon nombre de pays du monde, nous donne-t-elle l’autorisation de réellement dire ce que l’on veut, à qui l’on veut, quand et surtout comme on le veut ?

Ne devrait-elle pas être utilisée avec prudence, intelligence et surtout respect afin qu’elle ne perde pas de sa valeur ?

Nous croyons tout savoir, mais nous baignons dans un torrent d’ignorance et d’intolérance. Nous nous exprimons à tort et à travers sans nous renseigner sur le sujet. Nous tenons même des discours contradictoires car nous ne maîtrisons pas les objets de notre liberté d’expression.

La parole libérée, oui ! Mais pas à travers des propos haineux, intimidants ou de la désinformation.

Les mots (écrits ou parlés) ont du pouvoir : le pouvoir de changer les choses, d’informer, de rassembler et de lutter contre l’ignorance. Mais ils ont aussi un pouvoir de destruction, de faire du mal. Des mots mal choisis, à un mauvais moment, dans une situation délicate peuvent faire l’effet d’une bombe, à l’échelle d’un individu, d’une communauté, d’un pays, d’une nation.

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Clark Tibbs / Unsplash

Que Monsieur et Madame-tout-le-monde expriment leur opinion instantanée protégés par l’anonymat qu’offre l’écran a quelque chose de malsain. Ils exercent alors un pouvoir qu’ils ne maîtrisent pas, celui de blesser et de faire souffrir par des propos déplacés voire l’expression d’une haine verbale. Au-delà des dommages collatéraux à l’échelle des individus,  s’exprimer sur des sujets pour lesquels ils n’ont ni connaissance, ni compréhension, nuit au débat et à la réflexion et donc à la vie démocratique

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Jens Holm / Unsplash

Il est ainsi clair que nous ne pouvons pas tout dire sous couvert de notre liberté d’expression. Cette dernière est précieuse, il nous revient le devoir de la protéger. Et pour cela, il nous faut prendre conscience de la responsabilité qu’elle implique. La responsabilité d’être respectueux dans nos propos quel que soit le sujet. La responsabilité de nous renseigner, de nous documenter avant de parler. Si ce que nous avons à dire est méprisant, vulgaire, offensant pour une personne, si ce que nous avons à dire est mal informé, alors nous devrions peut-être réfléchir à deux fois avant de nous exprimer.

Les chroniqueurs, les éditorialistes, les blogueurs, les journalistes ont eux aussi (si ce n’est plus) une responsabilité vis-à-vis de leurs propos. Il est aisé à travers nos médias et une large diffusion de l’information de désinformer les lecteurs, de les appeler à la haine et à la violence avec des titres racoleurs et des opinions non fondées.

La liberté d’expression n’est pas absolue. Elle n’est pas un droit que l’on s’octroie sans réfléchir. Elle produit un impact sur notre environnement, sur les gens qui nous entourent. De ce fait, nous devons impérativement réfléchir avant de la mobiliser.

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CJ Dayrit / Unsplash

 

Crédit Photo couverture : Roman Kraft / Unsplash

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