Le renard dans la culture

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Le renard n’est pas perçu de la même façon selon les cultures. J’ai choisi de me concentrer sur la perception du renard dans deux cultures différentes : la culture européenne (principalement française) et la culture asiatique (Japon, Chine et Corée) afin d’étudier les différences et/ou les points communs entre elles.

 

Animal vs divinité

 

 

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Renard par No-longer-here (Pixabay)
Dans la culture européenne, le renard est perçu comme un animal rusé et farceur, alors que dans la culture asiatique, il est considéré comme un dieu qui chercherait à tuer les humains en volant leur âme et qui serait, de plus, doté de pouvoirs magiques. Dans les cultures asiatiques, l’on pense que le renard est capable de prendre forme humaine et qu’il se transforme, le plus souvent, en femme afin de tromper les humains. La figure féminine qu’incarne parfois le renard dans la littérature asiatique se retrouve également dans les contes russes, comme c’est le cas dans l’œuvre Kolobok traduite en français par Roule Galette ou La Petite Galette ronde, par exemple.

Le renard tient une grande place dans les arts et la littérature en particulier. Autrefois, en France, on appelait cet animal, le « goupil » ; il fut, par la suite, nommé « renard » en raison du succès d’un roman, Le Roman de Renart, qui mettait en scène un goupil répondant, justement, au nom de Renart. Le renard apparait aussi dans plusieurs fables de la Fontaine (Le Renard et la Cigogne, Le Corbeau et le Renard, Le Renard et le Bouc par exemple).

De nombreuses autres œuvres font référence au renard, sans qu’il soit question de l’animal en tant que tel. Ainsi, le personnage a souvent pour surnom « Renard » : c’est le cas de Zorro (zorro veut dire renard en espagnol) et du personnage de Jack Dawkins dans Le Renard de Charles Dickens, par exemple.

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Renard à neuf queues par Habib Rahman (Pixabay)

 

Dans l’imaginaire collectif des cultures asiatiques, le renard a plusieurs signes physiques qui le différencient du renard européen : un nombre de queues variable (quatre, six ou neuf), une perle de renard et la capacité à transformer en humain. Cette vision du renard est principalement présente dans trois pays d’Asie que sont le Japon, la Chine et la Corée.  Selon les pays, l’animal peut être désigné de différentes manières en Asie :  kyūbi no kitsune (Japon), jiu wei hu (Chine) ou gumiho (Corée).

Plusieurs œuvres mentionnent le renard à neuf queues. La transformation du Gumiho raconte l’histoire d’un renard qui prend la place d’une mariée ; il lui ressemble tant que la mère de la mariée croit qu’il s’agit de sa fille. Pak Munksu, le héros du roman Pak Munsu et le Gumiho, rencontre un gumiho dans la forêt ; la même chose se passe dans Le Roi et le Gumiho. On retrouve aussi cette image du renard en Chine dans Le Livre des monts et des mers.

 

Image positive /Image négative

Le renard a, au départ, dans la culture européenne, une image négative : on le dit profiteur, voleur et rusé, tel que dépeint dans les œuvres citées précédemment. Dans Le Roman de Renart, le personnage de goupil se moque de la personne d’Ysengrin, le loup de l’histoire et cherche à le discréditer et le faire souffrir. Même chose dans les fables de la Fontaine, où, malgré la bonne volonté et la gentillesse des autres personnages, le renard les trompe sans états d’âme.

On peut remarquer que l’animal est également décrit négativement dans la littérature asiatique. Les différents ouvrages qui mentionnent le renard à neuf queues donnent une mauvaise image de ce dernier. Un renard de mille ans devient un gumiho (구미호) et peut se transformer en humain (souvent une jeune femme) afin de manger le foie et le cœur des êtres humains. Au Japon, plus un kitsune vit longtemps, plus il a de queues : tous les cent ans, une nouvelle queue apparait. Le renard est une « créature maléfique » en Corée : grâce à sa perle de renard, il peut, en la leur faisant avaler, s’emparer de l’énergie des humains.

L’image du renard tend, cependant, à évoluer dans la culture européenne et devient de plus en plus positive. On peut le voir, par exemple, dans Zorro, où le personnage éponyme sauve les personnes en détresse et combat des ennemis, ainsi que dans les livres de Roahl Dalh, qui prend le parti du renard et le décrit comme un animal qui cherche juste à vivre et à se nourrir.

L‘image du renard à neuf queues dans la culture asiatique a, quant à elle, peu évolué avec les années ; l’animal est toujours perçu comme un démon qui prend une apparence humaine et tue les humains. De nombreux films ou séries sortis récemment tentent, tout de même, de changer un peu la vision que l’on en a du renard dans les trois pays en question. Par exemple, de nombreux dramas coréens ont pour héros principal un gumiho : on peut donner comme exemple Ma petite amie est un gumiho (2010), Le conte des neuf queues (2020) et Mon colocataire est un gumiho (2021) qui existe aussi en manhwa). C’est aussi le cas d’un film japonais intitulé Yobi, le renard à cinq queues (2007).

 

Bibliographie

Crédit couverture : Pixabay / Pexels

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