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Alexey Titarenko est né en Russie en 1962. Il commence la photographie alors qu’il est enfant et entre à la faculté des Arts Cinématographiques et Photographiques de l’Institut de la Culture à Leningrad. Pendant ses études, il découvre un club de photo amateur anti-soviétique appelé Zerkalo (miroir, en français). Il commence à venir aux réunions dans une atmosphère fumeuse et alcoolisée. Il sort diplômé de la faculté et apporte à Zerkalo un projet photo. Il s’agit de douze photographies fabriquées à partir de lambeaux de ses vieux clichés, le tout collé à la manière Dada. Sa demande d’adhésion est acceptée, il a tout juste quinze ans. En 1980, ses travaux sont envoyés à une exposition itinérante en Finlande et saisis à la frontière par les gardes-frontières soviétiques. On se renseigne sur lui et on le menace d’expulsion. Le KGB s’intéresse depuis quelques temps au club photo et Gennadii Tkalich, l’un de ses membres, est jugé et emprisonné pendant dix années. Suite à ces deux incidents,  le club Zerkalo ferme. Un jour, il se promène en ville et il observe une foule de passants près de l’entrée du métro d’un quartier fortement industrialisé. Le métro est le seul moyen de transport à cette époque, le carburant étant rare. La foule essaie d’entrer dans le sous-terrain, les individus sont aspirés par cette masse à l’intérieur ou, au contraire, projetés à l’extérieur. Certains perdent un vêtement, une chaussure ou une canne sur le parcours… Entre 1992 et 1994, sa série City of shadows, ou La cité des ombres, en français naît.
Le photographe utilise la technique de la pause longue dans des lieux à forte affluence comme les quartiers peuplés de Saint Petersburg. En laissant ouvert l’objectif plusieurs secondes, la foule russe se transforme en cortège de fantômes indissociables les uns des autres. Ils transpirent l’angoisse et le désespoir environnant. L’artiste essaye de transcrire sa perception de la scène, cette dynamique écrasante.
« Une foule de gens qui coulaient près de la station de métro formaient une sorte de mer humaine, me procurant un sentiment de non-réalité, une fantasmagorie ; ces gens étaient comme des ombres des enfers ? »

Ces clichés illustrent parfaitement le lien entre le passé et le présent dans une période de reconstruction à la suite de l’effondrement de l’Union Soviétique. Alexey Titarenko capture des moments de changement d’histoire dans son pays et dans sa ville. Grâce à son travail, certaines ambiances de cette époque ne seront pas oubliées.

Laura Bonnieu (France – Canada)

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