Habib et Valeria : des contes qui traversent les âges

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Beaucoup de couleurs, quelques gouttes d’expériences personnelles, des mots bien pensés… Les contes de Habib et Valeria emportent dans un univers où l’âge ne compte pas.

 

« Habib et Valeria », c’est avant tout une histoire de rencontres. D’abord la rencontre de deux artistes, l’un auteur et l’autre peintre et illustratrice ; puis la rencontre de ce couple avec le Brésil. Elle n’avait jamais illustré, il n’avait jamais écrit de conte ; pourtant leur projet est devenu une évidence.

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Habib e Valeria, « O dia em que a Morte sambou », 2016

 

Valeria Rey Soto, espagnole, est arrivée au Brésil pour la première fois dans le cadre d’un échange scolaire. Par désir de voyage et envie de créer, Habib Zahra, lui, a quitté l’Égypte à seize ans pour les États-Unis puis les États-Unis pour le Brésil. Ce pays leur a finalement montré la danse, la musique, le théâtre et le partage, piliers de la culture populaire du pays.

Leur dernier conte illustré s’inspire directement de cette dernière en parlant des « vieux joueurs »[1] de la région de la Mata Norte de l’État de Pernambouc. Habib m’explique que, là-bas, toutes les générations se mélangent, jouent et font la fête ensemble. Le partage prend alors vraiment tout son sens. Les Brésiliens ont un langage commun. Pour eux, jouer est aussi important que manger et boire alors, même lorsque la mort vient frapper à la porte, le vieux joueur l’accueille.

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Ce projet de conte est né d’un besoin d’expression. De retour en Égypte après dix ans, Habib s’est senti différent, rejeté. Son premier conte a commencé comme ça, inspiré de sa propre histoire. Avec Valeria, ils ont transformé cette expérience en un conte positif sur l’identité « O burro errante » (« Le bourricot errant »).

Habib maîtrise de nombreuses langues dont le français et l’anglais mais il écrit ses contes en portugais. Cette dernière, apprise au contact direct de la population, essayant d’offrir des conversations aux personnes croisées dans les transports ou les files d’attentes, lui semble plus instinctive. Avec le portugais, il se sent libre.

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Habib e Valeria, « O dia em que a Morte sambou », 2016

 

À destination de la jeunesse mais pas seulement, les contes d’Habib et Valeria utilisent des mots simples et des illustrations colorées et concrètes pour transformer des sujets complexes en histoires accessibles à toutes et tous, toujours empruntes de joie et de positivité. Rencontrer ces deux artistes, c’est parcourir des pages profondément poétiques et bienveillantes.

Habib et Valeria ne s’arrêtent pas là puisqu’ils ont décidé de mettre en scène leurs histoires. D’abord dans un désir d’aller au plus près des Brésiliens qui ne lisent que très peu, la scène est devenue un véritable mode d’expression pour eux. Aujourd’hui, le projet est une histoire de famille puisque leur fils ainé est présent sur scène. Entre musique et théâtre d’ombre, le voyage initiatique de l’âne, le vieux joueur et le grand méchant loup aussi doux qu’un mouton prennent vie.

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À lire aux tout-petits ou à découvrir à tout âge, les contes illustrés d’Habib et Valeria sont des histoires dont on se souvient longtemps. En attendant de pouvoir peut-être les voir un jour sur scène ici ou ailleurs, il est possible de suivre leur projet par ici :

 

[1] Dans « O dia em que a Morte sambou » (« Le jour où la mort dansa »)

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