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Gestion de production éthique et écoresponsable à l’étranger : pourquoi ?

Sustainable-Fashion

La marque Cheliel a fait le choix d’une mode éthique et éco responsable tout en conservant sa production au Sénégal car adopter cette démarche a beaucoup plus d’enjeux que produire ses créations au plus proche de chez soi. C’est aussi faire travailler des artisans, mettre en lumière un savoir faire et participer à une économie.
Cheliel s’articule autour d’un hommage à leur Afrique natale. Quoi de mieux pour célébrer l’Afrique que de créer au cœur de celle-ci en mettant à l’honneur tout d’abord des techniques de tissages traditionnels et uniques. En effet, les tissus africains sont multiples et s’étendent au-delà du Wax qui a connu une grande popularité ces dernières années.

 

Nous vivons, aujourd’hui, dans un monde de plus en plus globalisé et le secteur de la mode ne fait pas exception. Les plus grandes marques se sont tournées vers des méthodes de production moins chères, au détriment du bien-être des producteur.rice.s et de la planète ; perdant, petit à petit, le sens de laisser la trace d’une culture ou d’un savoir-faire aux générations futures.

En opposition à cette ère de la fast fashion, s’est développée ces dernières années l’idée d’adopter une mode plus éthique.

©Nathanaël Mikles/ID, L’info durable

 

Selon le dictionnaire Larousse, l’éthique se définit comme étant « l’ensemble des principes moraux qui sont à la base de la conduite de quelqu’un ». C’est une définition qui a été appropriée de mille et une façons dans le monde de la mode : pour certain.e.s, en adoptant des produits issus d’une agriculture biologique, pour d’autres en faisant le choix de se tourner vers une production locale. Justement, la nouvelle tendance de la mode locale s’est énormément popularisée, quitte à devenir la définition même de la mode éthique pour un grand nombre d’individus. Mais adopter cette démarche a beaucoup plus d’enjeux que produire ses créations au plus proche de chez soi. C’est aussi faire travailler des artisans, mettre en lumière un savoir-faire et participer à une économie.

C’est dans cette idée que s’inscrit Cheliel. Bien que la marque soit basée au Canada, sa production est restée implantée au Sénégal, pays d’origine de ses créateur.rice.s, l’ADN de Cheliel s’articule autour d’un hommage à leur Afrique natale. Quoi de mieux pour célébrer la Terre Mère que de créer au cœur de celle-ci et de mettre, tout d’abord, à l’honneur des techniques de tissage traditionnelles et uniques ? En effet, les tissus africains sont multiples et s’étendent au-delà du « wax » qui a connu une grande popularité ces dernières années.

 

Parmi ces tissus que Cheliel s’efforce de mettre l’honneur, on retrouve notamment :

– Le Bogolan : c’est le tissu ouest-africain par excellence. Créé par la communauté malienne (les Mandingues), c’est un coton tissé à la main auquel des couleurs sont rajoutées avec un mélange d’argile et de feuilles de bouleau pour la teinture. Les motifs sont ensuite dessinés à la main. Le Bogolan a depuis quelques années conquis le monde de la mode. On le retrouve même dans les dressings des plus grandes stars comme Beyoncé ou Michelle Obama. En plus d’être utilisé pour confectionner des vêtements, le Bogolan sert également de décoration. Et selon la culture malienne, il protège contre les mauvais yeux, les mauvaises langues et les mauvais esprits.

 

 

Photo : BENOIT ROUSSEAU – Modèle : Fanny Wong

– Le Faso Dan Fani : né au Burkina Faso, ce tissu porte de forts symboles. Il veut littéralement dire « pagne tissé de la patrie ». Il est aussi important sur le plan économique que symbolique, pour les Burkinabés. L’histoire de ce tissu ancestral est en particulier liée à la technique de tissage, traditionnellement réalisée par les hommes qui sont plus que de simples producteurs et occupent un rôle dans la transmission et le lien avec les divinités. Aujourd’hui, on le retrouve au Burkina Faso en tant qu’habit traditionnel et uniquement pour de grandes occasions. De plus en plus de créateurs du monde entier se sont intéressés au Faso Dan Fani, plus cher que le « wax ». C’est un tissu élégant qui a notamment séduit le monde de la haute couture, faisant rayonner ainsi ce savoir-faire dans le monde entier.

Photo : BEETHOVEN SAINTICHE – MUA : Servonne Ku – Modèle : Blacky Gyan

 

– Le Kenté : c’est un tissu né au Ghana qui se distingue par des couleurs vives et saturées. Ce sont des bandes de soie et de coton tissées à la main sur un métier à tisser en bois. Historiquement, il était porté par la royauté dans les groupes de différentes ethnies. Bien qu’il se soit popularisé, il reste une marque de richesse et d’appartenance à un statut social élevé. Selon la légende, c’est une araignée tissant une toile complexe qui aurait inspiré les premières techniques et les premiers dessins. Aujourd’hui, on le retrouve fabriqué avec des bandes de coton. Chaque bloc, motif et couleur a un nom et une signification distincts et le tissu comporte souvent des symboles qui représentent des concepts ou des dictons. Le Kenté est aujourd’hui un symbole de l’art porté par la diaspora africaine dans le monde entier. Populaire en particulier aux États-Unis, on le retrouve autant sur des vêtements que sur des accessoires.

 

 

Photo : GUSTAVO BERARDO – Modèle : Dalia Phoenix

– Le Batik : un tissu unique que l’on retrouve sous plusieurs formes et motifs. Fabriqué à partir de coton et de soie, il est utilisé pour la création de vêtements et d’accessoires, mais aussi pour la décoration. Ses origines sont encore mystérieuses. Les archéologues en ont, en effet, retrouvé des traces en Égypte antique, au Moyen-Orient, et même en Amérique du Sud. La technique du Batik est de créer des imprimés en imperméabilisant à l’aide de cire chaude certaines parties du tissu que l’on souhaite préserver de la teinture. C’est un tissu qui a été adopté par de nombreuses civilisations différentes ayant comme seule limite l’imagination de ses créateurs. Les motifs et les styles sont multiples et uniques, faisant du Batik un art plus qu’un tissu.

 

 

 

 

En plus de mettre en lumière ces tissus en choisissant de les faire produire au Sénégal, Cheliel met à l’honneur le savoir-faire local. Les tisserand.e.s au Sénégal sont en grande partie des femmes et ce sont elles qui font vivre cet artisanat unique avec leurs créations. Le secteur de l’artisanat au Sénégal fait partie intégrante de l’économie et de la culture. En effet, les créateur.rice.s de Cheliel ont choisi de faire fonctionner une économie locale loin du Canada, mais essentielle pour elleux, car étant leur terre d’origine.

Cette démarche initiée par Cheliel permet de faire rayonner la culture sénégalaise et africaine dans son ensemble. En effet, le Sénégal est encore un pays oublié lorsqu’on pense au monde de la mode, alors que le secteur est en pleine expansion. Cheliel participe notamment à ce rayonnement international en s’exportant à l’autre bout du monde et en n’oubliant jamais le point d’origine de cette aventure.

 

SOURCES SITOGRAPHIQUES

 

Photo couverture : Festivalmodedesign.com

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