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Être à la mode à petit prix mais à quel prix ?

Credit_ELIN_SVENSSON_-_Refinery29.com

Au cours des dernières années, les sites de vente à bas prix ont révolutionné l’industrie textile. Shein, Prettylittlethings, Fashionnova, cela vous dit-il quelque chose ? Uniquement dédiées à la vente en ligne, ces marques sont en pleine expansion et visent principalement une clientèle jeune qui souhaite s’offrir des vêtements pas chers. Nombreux· sont les influenceurs et influenceuses qui en font l’apologie sur les réseaux sociaux en bombardant le jeune public de codes promotion afin de les inciter à acheter sans trop dépenser, et cela en quelques clics.

Et vous, avez-vous déjà pris le temps d’éplucher une étiquette de vêtements pour connaître leur composition ou leur provenance ? Si tel n’est pas le cas, je vous propose de vous adonner à une expérience rapide et réalisable à la maison : prenez quelques vêtements dans votre garde-robe et regardez scrupuleusement leur étiquette afin de savoir les matières utilisées ainsi que leur pays de fabrication. Qu’avez-vous trouvé ?

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© Jan-Nico Meyer – The Business of Fashion

 

La fast fashion ou la mode rapide/jetable représente la production de masse de vêtements tendance à bas coût. Les grandes enseignes mondiales de l’industrie textile telles que H&M, Zara, Mango, et bien d’autres proposent régulièrement des nouvelles collections en accord avec la mode actuelle. Qu’en est-il de leur production ?

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© Oxfam France

 

 

 

Les entrepôts de ces enseignes sont généralement localisés dans les pays en développement car la main d’œuvre, qui travaille souvent dans des conditions précaires, y est moins chère. Les valeurs de travail éthiques ne sont pas respectées : le peuple Ouïghours est exploité et le travail des enfants perdure. La fast fashion a donc un réel impact social. A Leicester, ville du centre est de l’Angleterre, se trouve le principal centre de production des filiales Boohoo/ Prettylittlethings. À première vue, on pourrait penser que c’est une bonne chose en termes de transport de marchandises car ces entreprises distribuent principalement leurs marchandises en Europe. Cependant, les conditions de travail ne sont pas respectées : bâtiments insalubres, main d’œuvre rémunérée 3 euros minimum de l’heure soit en dessous du salaire minimum en Angleterre (qui est actuellement d’environ 10,5 euros). La fast fashion a également un coût humain. Le 24 avril 2013, s’est produit la catastrophe la plus meurtrière l’industrie de la fast fashion. Un bâtiment de huit étages nommé Rana Plaza et accueillant plus de 1 500 travailleurs s’est effondré en raison d’insalubrités et de négligence de maintenance des générateurs d’électricité. Ces ateliers produisaient des vêtements pour les grandes enseignes comme Mango et Primark.

L’enseigne H&M, quant à elle, a été accusée de brûler en quantité massive tous leurs articles invendus. En conséquence, l’impact environnemental de la fast fashion est aussi notable. Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEP), la teinture textile représente le deuxième pollueur d’eau à l’échelle mondiale. La production d’un jean demande au moins 7 000 litres d’eau. De plus, les produits utilisés pour teindre les vêtements sont rejetés dans les eaux usées et deviennent toxiques pour l’environnent. Un mauvais filtrage de ces eaux a aussi des conséquences sanitaires importantes. Quant aux matières non naturelles telles que le polyester ou l’élasthanne, elles ne sont pas biodégradables et prendront plus d’une centaine d’années à se décomposer.

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© 2goodmedia

Voici quelques astuces afin de lutter contre la fast fashion :

  • Acheter conscient : lire les étiquettes de composition avant tout achat et privilégier les vêtements qui sont fabriqués dans votre pays de résidence et qui sont fait de matières naturelles (le coton, le lin, la laine, le lyocell).
  • Éviter dans la mesure du possible d’acheter des vêtements en provenance des enseignes citées précédemment et privilégier les magasins de seconde main/vintage.
  • Donner à des associations les vêtements que vous ne portez plus au lieu de les jeter.
  • Vendre les vêtements que vous ne portez plus sur des plateformes dédiées (Vinted, par exemple)
  • Pour ceux et celles qui savent utiliser une machine à coudre, l’upcycling sera votre allié.

 

Une multitude de vêtements est généralement disponible dans les magasins de seconde main, ce qui signifie qu’il y en a pour tous les goûts et pour tous les styles. Optez pour le vintage, c’est la garantie d’être intemporellement à la mode !

Crédit couverture : Elin Svensson / Refinery29.com

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