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Entretien avec Lya Sherley, « Best New Artist 2019 » au KMA Award de Toronto

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Entretien avec Lya Sherley artiste afro-caraïbéenne qui a remporté le trophée de « Best New Artist 2019 » au KMA Award de Toronto. Rythmes chaleureux et dansants accompagnés de paroles qui trouvent écho en chacun de nous, Lya nous emmène dans son univers musical.

 

Dès les premières minutes de Zoom avec Lya Sherley, je constate un échange fluide et agréable. Elle est souriante et chaleureuse. Je lui explique que j’ai préparé quelques questions, mais qu’il s’agit d’une conversation pour apprendre à la connaitre et connaitre sa musique.

  • Pourrais-tu te présenter ?

Moi, c’est Lya Sherley. Je suis une artiste afrocaraïbéenne installée à Montréal depuis sept ans. J’ai commencé la musique en 2016 et depuis, je ne me suis pas arrêtée. Je suis d’origine martiniquaise.

Nous abordons ensuite les inspirations musicales de son enfance et celles d’aujourd’hui. Elle me partage, en riant, que bizarrement, elle écoutait beaucoup de variétés françaises : Céline Dion, Garou et Patrick Bruel. Ce n’est, toutefois, plus ce qu’elle écoute. Cela a évolué lorsqu’elle était en secondaire, période accompagnée des premières histoires amoureuses et des sorties en club : « C’est ce qui a plutôt influencé mes choix musicaux, par la suite, en sachant que je suis d’origine martiniquaise, donc forcément je me suis un peu rapprochée de mes racines ». Elle écoute donc principalement des musiques afrocaraïbéennes. Ses textes sont inspirés par sa vie et les personnes qui l’entourent au quotidien, ce qu’elle considère comme étant des paroles banales, mais qui permettent à chacun de s’y identifier. Elle chante en français en y mélangeant des mots créoles. Cela lui arrive même de mixer les différents créoles, ce qu’elle appelle le « Créole banane » : martiniquais, guadeloupéen et réunionnais. Lya fait de la musique qualifiée comme étant du Zouk-Compas et choisit ses rythmes musicaux en lien avec ce qu’elle apprécie entendre lorsqu’elle est, elle-même, en club : « Quand je fais un titre, je me demande ”est-ce que ce titre-là me ferait danser” ? » Elle accepte, tant que l’instrumental lui parle, des propositions musicales éclectiques : Dancehall, Rap, Électro.

 

  • Comment se sont passés tes débuts musicaux ?

Disons que quand j’étais en France, je voulais déjà me lancer dans la musique. L’appel de cette dernière s’est fait assez tôt, vers l’âge de 9-10 ans. De base, je ne faisais qu’écrire, mais écrire des poèmes, de la poésie. Et un jour, quelqu’un m’a dit « Mais pourquoi tu ne chantes pas tes textes? » Je me suis toujours dévalorisée étant plus jeune. Pour moi, je n’avais pas la voix d’une chanteuse. J’avais une voix assez basique donc je ne voyais pas l’intérêt de chanter. J’ai ouvert les yeux lors d’une fête de fin d’année dans mon collège. C’était la première fois que je chantais l’un de mes textes. Et le lendemain, pourtant je n’étais pas une fille populaire, tous les élèves m’ont dit « Oh Lya, c’est trop bien ce que tu as fait ! » C’est à ce moment que je me suis dit que je pourrais faire ça, sans en être totalement convaincue. Après ça, j’ai eu ma première expérience en studio et là, je me suis dit qu’il fallait que je me lance. Mais, c’est un environnement tellement compliqué qu’il faut vraiment avoir la tête sur les épaules et être sûr de ce que l’on fait, parce que c’est vraiment dur .

Sa première expérience au studio est une jolie anecdote. Sa mère, dans la queue au bureau de poste, entendant que quelqu’un a ouvert un studio, demande si sa fille peut enregistrer une musique, ce qui est accepté. Voilà donc Lya, quinze ans, qui enregistre en studio son premier texte. Cet événement démontre fortement le soutien inconditionnel de sa mère dès ses débuts.

Lya Sherley évoque ensuite les principaux défis auxquels elle a dû faire face, comme le fait de se battre contre soi-même pour ne pas baisser les bras dans ce milieu exigeant, très influencé par la chance, ou encore le style musical qui n’est que peu valorisé sur la scène canadienne. Elle me partage aussi le challenge le plus difficile selon elle : s’entourer des bonnes personnes. Sa carrière aurait pu décoller plus tôt si elle n’avait pas été mal accompagnée et mal conseillée. Heureusement,  elle est, aujourd’hui, entourée de personnes en qui elle a confiance et qui lui permettent d’atteindre des objectifs professionnels considérables.

La chanteuse aborde les différentes étapes de son processus de création et me confie que chaque étape est une réelle excitation et engendre beaucoup de réjouissance. Lya vit au rythme de sa musique, elle n’est pas angoissée lorsque l’inspiration lui manque, même si cela dure six mois ou un an. Elle sait aussi ce qui lui permet de raviver son inspiration : prendre des vacances ou sortir. Les activités et les vies des personnes autour d’elle ravivent sa créativité.

Dans une perspective plus large d’avenir, je l’interroge sur ses projets et ses envies de collaborations musicales : « Les duos m’intéressent, car ils me permettent de partager l’univers musical de quelqu’un d’autre. Je vais dire un artiste féminin et un artiste masculin. C’est dur… Respectivement, je dirai Dory et Lorenz. Ce sont des artistes avec lesquels je partage le même univers musical. Lorenz a commencé depuis longtemps, je crois que lors de mes premiers clubs, je dansais sur ses titres. Et Dory est réellement une artiste à laquelle je m’identifie. Mes objectifs à long terme sont de préparer un projet du style EP ou album, de pouvoir faire plus de dates, que ce soit au Québec ou à l’international, pourquoi pas. Pour finir, peut-être gagner d’autres trophées. La reconnaissance, c’est important ». Son conseil pour toutes personnes qui souhaiteraient se lancer dans le milieu musical est de bien s’entourer dès leurs premiers pas ainsi que d’alimenter l’esprit de petite famille avec leurs fans via les réseaux sociaux. Elle souligne l’importance de ces derniers qui font partie intégrante de l’image d’un artiste.

Lya Sherley a sorti son nouveau titre « Condamné à t’aimer » le 8 avril. C’est un message qui s’adresse à toutes les personnes qui sont dans une relation amoureuse avec un partenaire qui parvient à leur faire miroiter des projets communs, mais sans le vouloir réellement. Elle fait tanguer ses mots entre amour et haine qui mettent en évidence le fait d’aimer les mots de notre conjoint tout en détestant ses actes. Lya Sherley a de l’énergie à revendre et nous fait danser sur des paroles qui nous parlent, au travers de sa musique réconfortante et rythmée.

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